Sauver la Terre par les terres ? Les enjeux des agricultures « alternatives »

#CONFÉRENCES #TDS2019

conf dimanche

L’Agora a accueilli, dimanche après-midi, une conférence sur les productions alternatives, qu’elles soient biologiques, durables ou paysannes. À l’image de sa signification grecque, le lieu a permis un rassemblement social entre intervenants et public autour d’une thématique brûlante d’actualité. L’enjeu, résumé par le journaliste Périco Légasse « Promouvoir une alimentation plus saine et plus respectueuse du territoire. » En effet, face à l’urgence climatique imminente, il faut « agir tout de suite » pour « faire mieux demain ». Voici quelques pistes d’action retenues.

 

Produire localement

Les cinq intervenants s’accordent sur le fait que l’agriculture intensive n’est plus adaptée et nous mène droit au mur. Il nous faut réorienter nos modes de production pour tendre vers un modèle plus durable. La solution ? Ou plutôt, UNE solution : privilégier la production locale. The Inspector Cluzo, les deux agriculteurs rockeurs, jonglent entre tournées et gestion de leur ferme landaise. Ils pratiquent la polyculture sur leur 8,6ha de ferme et élèvent également des oies. Autonomes sur la plan alimentaire, comme les grands-parents, ils insistent sur l’importance du « mélange du terroir et du local ».

 

Réduire notre consommation

Nous le savons tous, le système capitaliste actuel répond à l’accroissement de la demande par une surproduction des biens mais aussi des produits agricoles. Cependant, les sols se dégradent, les ressources naturelles s’amenuisent et les produits sont trop souvent gaspillés. Maxime de Rostolan, fondateur de la micro ferme expérimentale Fermes d’Avenir, tisse un parallèle alarmant entre pétrole et dérèglement climatique. « Pour rester sous la barre des 2°C, il faut laisser 2/3 des réserves de pétrole connues dans le sol. » Or, l’agriculture est un gros consommateur de pétrochimie. « Il faut donc sortir du pétrole dès maintenant », à défaut d’arriver à réduire son utilisation. Mais une des solutions se trouve aussi dans notre manière de travailler. Yohan Lemain, co-fondateur de la start-up Agrikaïdo, pose le problème de la consommation d’énergie d’internet et de nos données. Il préconise de travailler « avec des outils efficients qui ne consomment pas trop d’énergie ».

 

Eduquer son prochain

Agir seul, c’est bien. Agir ensemble, c’est mieux. La transmission des bons gestes passe par l’éducation. Maryse Friot, formatrice au CFPPA de Tours Fondettes, a vu le contenu de ses cours changer en quarante ans d’enseignement. « J’enseigne maintenant l’agroécologie et comment produire autrement ». Avec Tours Eco Habitat, elle a mis en place un jardin perché avec notamment des arbres fruitiers et un poulailler. Le but : sensibiliser les jeunes enfants en montrant que le sol n’est pas qu’un support, il est aussi vivant. Avec l’application Agrikaïdo, Yohan Lemain a voulu rapprocher monde numérique et monde végétal. Cet assistant du potager durable permet d’apprendre à faire un jardin en respectant les principes d’agroécologie. Enfin, The Inspector Cluzo, en tant qu’agriculteurs quarantenaires, insistent sur l’urgence d’être un relais d’information auprès de la jeune génération. De plus en plus de jeunes leur demande de l’aide pour se lancer dans l’exploitation de la terre. « Il faut réduire le fossé entre consommateurs et agriculteurs ».

 

Et toi, quelle est la première mesure de ta nouvelle façon de consommer ?