Interview de MYD LIVE BAND

Pour ceux qui ne te connaissent pas peux tu nous faire un petit résumé de ton parcours ?

Je m’appelle Myd, je viens de Lille, ça fait dix ans que je suis à Paris et j’ai fait de la musique à peu près toute ma vie. J’ai fait des études dans le son pour le cinéma au cas où la musique ne marchait pas. Finalement maintenant je fais de la musique et devenu mon métier. Ça fait quatre ans que je fais une carrière solo après avoir passé beaucoup de temps dans des groupes, et ces quatre ans se passent extrêmement bien. Ça fait à peu près un an que je suis en tournée, la vie est belle !

MYD en interview avec Baptiste Guérard

Vous avez sorti un morceau Loverini en feat avec l’Impératrice et avec les auditeurs de radio Nova ; pouvez vous nous expliquer comment s’est déroulé la production de ce morceau ?

Il faut savoir qu’une sortie d’album c’est assez solitaire en artiste, tu te retrouve assez vite à regarder les stats, les réseaux sociaux, qui a écouté le morceau, qui dit quoi sur l’album etc… Et là j’ai décidé de faire tout l’inverse, c’est à dire que le jour de la sortie, je me suis enfermé dans les studios de Radio Nova, j’ai créé mon studio là-bas et enregistré le 13ème morceau de l’album avec les auditeurs, ma communauté et l’Impératrice qui nous a rejoint à la fin. Et ça m’a permis de faire ce que je préfère dans ma vie, faire de la musique, de le faire avec mes fans qui ont adoré le projet. Pendant 15 jours j’étais en live sur YouTube et on avançait sur le morceau : par exemple est-ce que vous préférez ce synthé là ou bien celui là ? Au fur et à mesure le morceau avançait, on a invité l’Impératrice en featuring, qui à aussi été choisie par les auditeurs de Radio Nova. On a finalisé le morceau, et voilà! Ce qui m’a rendu cette sortie d’album bien plus douce.

Le morceau Let You Speak a également une particularité comme l’on voit dans le clip. Vous êtes allés chercher des ambiances et sonorités dans la nature. Le côté expérimental prend t-il une grande place dans vos productions ?

« Expérimental » ça peut faire peur, on a l’impression que le résultat va être illisible ou incompréhensible, alors que l’expérimental au contraire, cela peut amener à des sources de son assez uniques et assez personnelles. Aussi parce que quand je décide d’au lieu de taper sur une batterie je vais taper sur des stalactites dans une cave, on peut dire que j’aurais un son unique qui me plaît. Je suis plus porté sur cet accident de créer quelque chose d’unique. Et c’est de là que découle les morceaux forts et dont on se souvient.
Il y a deux écoles, celle des gens qui pensent qu’il faut faire quelque chose de formaté pour que les gens accrochent et que ça rentre dans des cases. Et au contraire être unique pour que les gens s’en souviennent et que le souvenir soit ancré, parce qu’il est unique, moi je fais partie de cette deuxième école. Ce clip et ce morceau font vraiment partie de ça, une démonstration de la manière dont je fais de la musique, c’est à dire essayer de trouver le son unique, la mélodie unique et que le projet ait quelque chose de spécial. Rendre ce moment de création ludique.

Tu es souvent en studio; qu’est ce que ça fait depuis un an d’être en tournée?

J’ai découvert la tournée de manière intensive, j’avais déjà fait des tournées mais de manière ponctuelle. Là ça fait un an que je suis en tournée, et ça fait un an d’une certaine manière que je ne suis pas retourné en studio. Je parle de raconter une vraie histoire et d’y aller tout les jours pendant deux ou trois mois. C’est ce que j’adore à la base, être tout seul dans mon studio et trouver des idées, là ce n’est plus le cas pour l’instant, mais j’ai trouvé autre chose. Je suis très connecté vers où va la musique, c’est à dire que en studio tu es très déconnecté du public, des gens qui écoutent ta musique. Là au contraire en live ce qui est génial c’est que je vais avoir à la fois un être humain qui me dit « j’ai adoré le concert », ce qui n’arrive jamais en studio à part sur les réseaux. La deuxième chose c’est que pour chaque changement que je fais sur le live, j’ai la réponse tout de suite, si ça marche ou pas, si je décide de chanter plus fort ou moins, de parler entre deux morceaux ou de jouer un nouveau morceau. On a tout de suite la réponse du public. Le meilleur exemple avec mon dernier morceau que j’ai sorti il y à quelques semaines « Domino »: on l’a joué un mois avant qu’il sorte, et ça m’a mis grave en confiance sur la sortie, parce que l’on a vu que le public aime beaucoup quand on le joue, et était très excité par ce morceau sans le connaître. Et c’était assez génial! D’avoir ce rapport inversé, c’est une nouvelle manière de créer qui est assez excitante, et qui donne aussi une confiance d’une autre manière. Après j’avoue que d’être en studio ça me manque beaucoup, donc par la suite on va réduire les dates pour retourner en studio et produire de nouveau de la musique. Il faut être apaisé et en forme pour produire de la musique.

 

Propos recueillis par Baptiste Guérard ( mission locale Touraine)